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PaYs Du sOlEiL lEvAnT :
Pays de contrastes fascinants, le Japon ne cesse de surprendre ceux qui s'y aventurent depuis quelques siècles maintenant. Alliant traditions rigoureuses et modernisme exalté, la mentalité nippone plonge l'étranger dans un paradoxe de tous les instants. Si les sanctuaires shintoïstes régalent le voyageur de leur caractère majestueux, débordant de sagesse et d'harmonie, la vie criante et affolante des grandes villes, défigurées par des gratte-ciel multiformes et les innombrables pubs aux néons clignotant, laisse au ventre une sensation d'exil et d'égarement tout à fait inquiétante. Mais il faut explorer le Japon au moins une fois au cours de son existence pour en goûter toute la complexité et surtout pour éprouver une expérience unique. Plus que nulle part ailleurs dans le monde, le Japon ballotte l'étranger d'un extrême à l'autre, lui dévoilant la beauté des jardins zen de ses campagnes avant de le projeter dans l'effervescence polychrome de ses villes surpeuplées. Ses paysages magnifiques, dominés par le mont Fuji et sa menace permanente, sa culture ancestrale qui perdure malgré les influences de l'Occident font de ce pays une destination dont l'exotisme ne peut que mener à l'émerveillement. Vivre le Japon, c'est découvrir les mystères d'hier aussi bien qu'envisager les extraordinaires possibilités d'un futur énigmatique. Bienvenue au Japon !
PETITE HISTOIRE DU JAPON
On croit qu'au début, l'archipel était relié au continent et que des vagues d'individus venaient par des isthmes en provenance des terres sibériennes. Il semble qu'aujourd'hui, dans l'île d'Hokkaido, certaines tribus issues de ces ancêtres, vivent encore au nord du pays. Le sud aurait quant à lui été peuplé par des arrivants de Corée et de Chine. Toutefois, les historiens ont repéré des influences polynésiennes et indonésiennes dans la culture japonaise.
Pendant des millénaires, le Japon a vécu en vase clos, au rythme de ses traditions et de ses propres ressources. Outre quelques échanges avec la Chine, la Corée et la Hollande, le Japon a fermé ses frontières au monde entier (particulièrement aux envahisseurs français, espagnols et portugais) jusqu'à la moitié du 19e siècle, afin de se soustraire aux méfaits d'un christianisme démesuré et fanatique. Puis, en 1854, sous la menace d'une flotte américaine, le Japon signe un traité commercial avec les États-Unis. Le traité s'élargira ensuite à plusieurs autres pays occidentaux. Le pays étant dirigé par l'empereur et les shoguns (qui sont également des samouraïs) depuis des siècles, change sa politique gouvernementale autour de 1867 et met fin au shogunat. L'empereur dirige alors réellement le pays. Puis en 1946, l'empereur Hirohito renonce à son droit divin et instaure une constitution. Le Japon devient alors une vraie démocratie.
Après sa participation aux côtés des alliés lors de la première guerre mondiale, l'essor du Japon comme puissance militaire et économique, a été des plus fulgurants. Toutefois, sa participation à la seconde guerre mondiale aux côtés de l'Allemagne et de l'Italie et son attaque contre la base américaine de Pearl Harbor lui vaudront de perdre des plumes, notamment avec la réplique des américains et les désastres de la bombe atomique. Mais le Japon, fier et persévérant, se relève, signe de nouveaux traités avec les États-Unis et devient rapidement l'une des plus grandes puissances mondiales actuelles.
GEOGRAPHIE DU JAPON (volcans, catastrophes...)
Le Japon est un archipel formé de quatre îles principales : Honshu, Hokkaido, Kyushu et Shikoku. La plus vaste et la plus peuplée de ces îles est Honshu. On compte aussi un milliers d'îlots éparpillés dans la mer du Japon aussi bien que dans l'océan Pacifique et dans la mer intérieure (Seto Naikai). Le pays est essentiellement montagneux et ses terres longent les grandes fosses océaniques du Pacifique. Cet emplacement constitue une zone de fracture et expose le Japon à l'éventualité constante de séismes. La seconde conséquence de cette situation géographique périlleuse est le nombre de volcans en activité. On en dénombre pas moins d'une vingtaine, dont le plus célèbre est le mont Fuji, lequel atteint un sommet de 3776 mètres. L'archipel s'étend sur environ 2000 kilomètres et sa vie saisonnière se teinte de contrastes remarquables, d'une région à une autre. Si au nord le climat peut être d'un froid mordant, le sud peut étouffer sa population sous des températures tropicales. On y note également la fréquence de pluies abondantes ainsi que de nombreux typhons en provenance du Pacifique. Fait remarquable, en 1986, lors d'une éruption volcanique sous-marine, une île est apparue au large d'Iwojima. Ces phénomènes exceptionnels contribuent largement à la réputation fabuleuse d'un Japon mythique et mystérieux.
Notons par ailleurs que malgré sa forte densité en population, 65% du territoire japonais est toujours occupé par des forêts. Comme le Japon ne produit pratiquement aucune autre ressource naturelle à l'exception du bois, on explique sans doute la présence de ces forêts et le peu de territoire habité par la nécessité d'entretenir au maximum cette source énergétique. On recense approximativement 335 habitants par km2 au Japon, la ville la plus peuplée étant Tokyo avec un peu plus de 12 millions d'habitants. La ville de Yokohama se classe au second rang avec une population de plus de 3 millions d'âmes. Les centres urbains sont donc des endroits bondés, à déconseiller aux amoureux des grands espaces et aux claustrophobes. Mais pour bien apprécier le Japon, il faut savoir s'imprégner de ses paradoxes...
LE PAYS DES SAMOURAIS
La naissance des samouraïs, dans le Japon du 12e siècle, représente également la naissance de l'une des incarnations les plus puissantes de l'héroïsme masculin. D'abord initiée comme milice spéciale pour protéger le nord de Honshu, alors menacée par les rebelles, les samouraïs ont rapidement tiré parti de leur discipline et de leur force de frappe. Leurs maîtres d'armes les pliant à un code d'honneur et de vertus irréprochable, les guerriers samouraïs ont imposé partout à travers le pays la loi du sabre. Bientôt, les empereurs ont fait appel à leur science du combat ainsi qu'à l'efficacité de leur entraînement pour défendre le royaume. Ces guerriers sont instruits et en temps de paix, ils occupent des fonctions administratives pour le suzerain.
C'est au 17e siècle que le samouraï Taïra Shigésuké a rédigé un code d'honneur du samouraï comprenant 47 principes à respecter. Cependant, c'est au 20e siècle que l'on publia l'ouvrage le plus respecté à titre de code de conduite morale du samouraï, le Hagakure, écrit autour de 1712 par le guerrier Jocho Yamamoto. Ce que l'on appelle la voie du guerrier (Bushidô) ou le traditionnel suicide (Seppuku) pour racheter l'honneur perdu sont des enseignements essentiels dans la pratique du samouraï. Ces chevaliers d'Asie recrutaient la plupart de leurs soldats dans les rangs de la noblesse. Toutefois, certains d'entre eux ne se ralliaient pas à un empereur et faisaient cavalier seul. On leur donnait le nom de Ronin et ils faisaient figure de mercenaires parmi leurs semblables.
L'armure du samouraï se composait d'un assemblage de plaques reliées par des lanières de cuir et d'un plastron qui protégeait le corps des assauts adverses. Le guerrier arborait deux sabres : un plus petit, le Wakizashi (lequel servait bien souvent à s'enlever la vie pour échapper au déshonneur lors d'un combat) et un plus long, le Katana, cette épée mythique que les légendes japonaises considèrent comme étant l'âme du samouraï.
Depuis que le Japon s'est ouvert à l'occidentalisation, les samouraïs ont totalement perdu leurs fonctions premières. Ceux qui n'ont pas renoncé à leur art sont devenus des hommes d'affaires à la tête de cartels puissants ou se sont transformés en guerriers ninja, sans code d'honneur et sans scrupules. La voie du guerrier, n'est hélas, plus qu'une belle histoire du passé.
LES SUMOS
Si le pouvoir d'attraction des lutteurs sumos laisse parfois les Occidentaux perplexes, il suffit de regarder la frénésie des jeunes filles à l'endroit de ces poids lourds du sport japonais pour comprendre toute l'ampleur du phénomène. Les sumos sont en quelque sorte des demi-dieux au Japon et encore aujourd'hui, leur réputation est sans failles. Il semble que les preuves de l'existence des sumos remontent à plusieurs siècles mais que les écrits n'en relatent les exploits que dans le Kojiki, ouvrage rédigé en 712. Aujourd'hui, les règles du combat sont plutôt bénignes mais il fut une époque où les sumos se battaient jusqu'à la mort. Heureusement, la tradition n'a conservé que le caractère symbolique de cette représentation guerrière, laquelle, à l'origine, s'inscrivait à titre de rite de fécondité.
Le sumotori répond à un entraînement rigide auquel il se soumet chaque jour. Consommant deux repas par période de 24 heures (le Chankonabe, qui consiste en un ragoût de viandes, de légumes, de féculents liés par une sauce onctueuse et contenant ainsi un taux très élevé de protéines), l'un vers midi, l'autre vers vingt heures, le sumo dors immédiatement après les repas pour que la sieste permette plus facilement l'accumulation des graisses. En général, le sumo engloutit entre 8000 et 10 000 calories quotidiennement. La vie entière d'un lutteur de sumo est régit par des codes rigoureux et une hiérarchie bien définie qui en font des héros adulés et convoités. Fait étrange, lors des combats, les sumos s'adonnent à un rituel de préparation (entre 4 à 10 minutes) beaucoup plus long que le combat lui-même (parfois quelques secondes seulement). Une série de positionnements et de gestes cérémonieux sont destinés à impressionner l'adversaire, de l'½illade meurtrière aux claquements de cuisses en passant par diverses manifestations de la force physique du lutteur. Le spectateur assiste alors à un véritable ballet où la virilité est portée à son comble. La lutte sumo est considérée comme un art national (Kokugi) et elle est respectée partout au Japon.
L'UNIVERS PERDU DES GEISHAS
C'est au 18e siècle que la geisha fait son apparition dans le milieu dissolu de la société japonaise, comme une forme d'opposition ou de rivale morale à la courtisane (avec laquelle on le confond trop souvent) régnant à l'époque. Après des siècles de domination guerrière sous la tutelle des samouraïs, ce sont les marchands, nouveaux bourgeois, qui vont prendre le haut du pavé des grandes capitales nippones et vont instaurer un nouveau code moral empreint de valeurs esthétiques et artistiques. Les Japonais ont toujours eu un sens aigu de la hiérarchie et même la prostitution répondait à ces structures précises.
Jusque vers la moitié du 18e siècle, on pouvait consommer à plusieurs niveaux la prostitution, soit dans les rues, soit dans les maisons closes des quartiers chauds. Les reines de cette époque étaient les Tayû ou Grandes Courtisanes, qui surclassaient les autres autant par la finesse de leurs manières que par le luxe dont elles faisaient étalage. Mais comme elles étaient fort coûteuses, on songea alors à former des femmes (quelques hommes aussi) qui allieraient plusieurs aptitudes à la beauté pour divertir les bourgeois noceurs. Dans les réceptions, on fait de plus en plus appel à ces personnes capables de danser, chanter, jouer d'instruments différents, raconter des histoires, faire des acrobaties ou donner de petits spectacles. Les geishas naissent ainsi de ce désir de marier tous les plaisirs en une seule personne. La Gei (art) Sha (personne) allait désormais incarner la plus esthétique des manifestations du plaisir et du divertissement.
Organisées à la façon d'une corporation, les geishas voient leurs activités réglementées par des heures fixes de travail, des uniformes et un code d'éthique rigoureux. Le visage fardé de blanc, le kimono de soie sanglé à la perfection, le tatami sous le bras, les geishas ne sont toutefois pas à vendre, ce ne sont pas des prostituées. Pourtant, beaucoup de prostituées ont revendiqué un statut de geishas pour appâter les hommes. Cette usurpation a considérablement entaché la réputation de ces artistes superbes. Aujourd'hui, peu d'entre elles exercent encore leur admirable métier et leur nombre diminue chaque année. Et bientôt, la magnificence des geishas ne survivra plus que pour divertir le touriste...
BEAUTES ARCHITECTURALES DU JAPON
L'architecture du Japon regorge de contrastes merveilleux. Depuis les vestiges des huttes néolithiques jusqu'aux nouvelles constructions de verres et d'acier, on peut observer la multitude d'influences subies à travers les époques. On ne peut donc pas visiter le Japon sans faire une halte pour admirer l'une des vastes sépultures mégalithiques appelées Kofun, lesquelles sont de gigantesques tombeaux recouverts de tumulus et entourés de douves qui bien souvent ont la forme d'un trou de serrure. Il serait impensable de ne pas faire un arrêt dans l'un des nombreux sanctuaires shintoïstes du Japon. La plupart du temps, ces sanctuaires sont des constructions de bois vieilles de plusieurs siècles et souvent érigées sur pilotis.
Les constantes traditionnelles de l'architecture shinto sont la couverture de chaume, les structures de bois, la courbure des toits ainsi que la technique des corbeaux superposés (d'origine chinoise) et l'utilisation du rouge comme peinture principale. Ces temples, que l'on retrouve harmonieusement fondus dans la nature, abritent bien souvent de nombreuses traditions de prières, de chants, de danses et d'arts martiaux. Plusieurs de ces constructions sont des pagodes à cinq niveaux et représentent un patrimoine mondial exceptionnel puisqu'elles sont les plus anciennes constructions de bois du monde. Leur splendeur est inégalable.
Les jardins, tout aussi superbes, se composent souvent de pierres dressées au milieu d'un océan de sable, ratissé chaque jour selon une figure immuable et symbolisant les flots de la mer. Les jardins japonais utilisent des matériaux censés incarner les éléments de la nature. Bien qu'il s'agisse d'une imagerie artificielle, ces compositions sont d'un esthétisme époustouflant. Les arbres et la verdure font également partie de ces manifestions artistiques uniques au monde.
En quittant le monde des traditions, le voyageur se retrouvera au milieu de l'urbanité moderne, symbole de l'évolution fulgurante d'un peuple farouche. Des constructions hyper sophistiquées, équipées des derniers gadgets électroniques destinés à gagner le plus d'espace possible, tels que des téléviseurs et chaînes stéréo miniaturisées ou des lits dissimulés derrière des cloisons, donnent au Japon un visage des plus hétéroclites. Un univers incroyable où la sagesse et l'incandescence sont l'arène de tous les possibles...
L'ART DE L'ESTAMPE
Les estampes japonaises ont longtemps fait la joie des plus grands collectionneurs du monde entier. Aujourd'hui encore, on se les arrache à prix d'or. Mais l'engouement pour cette forme d'artisanat s'est dissipée au profit d'autres arts dont le Japon est prodigue. Les premiers exemples d'estampes ont été remarqués vers le 8e siècle. Il s'agissait alors d'impressions sur bois assez simples et réservées à des thèmes religieux. C'est plutôt au cours de la période d'essor économique de la fin du 19e siècle que l'estampe (Ukiyo-e) connaît son apogée avec l'illustration de scènes érotiques ou encore de scènes pittoresques mettant en valeur les exploits ou la vie quotidienne de riches marchands.
La fabrication d'estampes procédait alors d'une technique de base millénaire, c'est-à-dire que le peintre dessinait, sur une feuille de papier de riz, son sujet qu'il appliquait ensuite sur une planche de bois. On gravait le dessin sur la planche et, après l'avoir enduit d'encre, on transférait l'image sur le papier final. Alors que les estampes primitives n'étaient composées que de noir, on les voit bientôt changer sous une polychromie, d'abord appliquée grossièrement à la main, puis réalisée par tirages superposés à l'aide d'encres de couleur. Cette technique permettait enfin aux artistes de l'estampe de créer des oeuvres fortes, d'une grande valeur et dont la richesse de teintes était parfaitement remarquable. Des artistes acquirent alors une renommée hors frontières comme Shunshô (1726-1792), Utamaro (1753-1806) Hokusai (1760-1849) que les impressionnistes ont reconnu comme étant l'un de leurs précurseurs ou Hiroshige (1797-1858).
L'art de l'estampe est simple et d'une concision incroyable. Les premiers sujets à avoir suscité l'intérêt d'un public plus large sont les acteurs, les jolies femmes, les métiers ou les courtisanes. Mais les artistes prirent bientôt conscience qu'ils pouvaient repousser les limites de leur art et ils se lancèrent à l'assaut de paysages complexes et entreprirent la conception de séries qui se monnayaient beaucoup plus facilement. Puis tout doucement, l'estampe disparut au profit de la photographie et des modes d'expressions promus par la culture occidentale. Le Japon venait de s'ouvrir au monde...
LE JAPON EN SAVEUR
Au cours d'un long passé culinaire, les Japonais ont développé une cuisine sophistiquée et raffinée très sensible aux changements de saisons. Les Japonais d'aujourd'hui jouissent d'une grande variété de mets traditionnels, comprenant de nombreux plats à base de fruits de mer (sushi et sashimi), mais aussi une multitude de plats exotiques. On peut facilement se procurer des plats chinois, coréens, ou thaïs comme des mets français, italiens ou américains. La cuisine japonaise est le produit de son environnement et de ses habitants. La facilité de se procurer des ingrédients frais a permis les sushis, la haute température et l'humidité a mené aux variétés de nourriture marinée et fermentée comme le natto et la sauce de soja, et une adaptation des cuisines étrangères a conduit au ramen.
Le Japon a élaboré les principes de sa cuisine raffinée et esthétique au fil des siècles, des contraintes et des influences auxquels le pays a été si souvent confronté. Les guerres, les caprices du temps et des saisons sur les récoltes, le manque de terre arable, les interdits religieux, les courants apportés par les civilisations voisines sont tous des facteurs ayant largement contribué à ce qu'est devenue la cuisine japonaise. Aujourd'hui reconnu à travers le monde pour la finesse et l'incroyable beauté de sa gastronomie, le Japon fait de plus en plus d'adeptes de ses mets savoureux. On peut déguster entre trois et cinq plats lors d'un repas japonais. Ce que l'on retrouve au menu le plus souvent varie entre : le Tempura de crevettes et de légumes, chaque aliment étant recouvert de cette pâte et frit dans l'huile, le Sukiyaki, une sorte de b½uf accompagné de légumes que l'on cuit soi-même dans un bouillon, le Sushi Meshi, un riz vinaigré, le Yosenabe qui se compose de fruits de mer et de légumes que l'on cuit également soi-même dans un bouillon, ainsi que le Yakitori, une brochette de poulet et foie de poulet marinée.
Ce qui retient cependant l'attention dans la gastronomie japonaise est l'art grandiose du Sushi. Il existe des dizaines de sushi différents mais le principe de base (le sushi classique Nigiri-zushi, si l'on préfère) est de déposer un morceau de poisson frais (ce pourrait être un légume ou un oeuf apprêté) sur une part de riz vinaigré. Avec l'expérience, les Japonais ont raffiné cet art en lui apportant des formes et des agencements d'aliments de plus en plus complexes. Une assiette de sushi aujourd'hui est une oeuvre aussi bien pour les yeux que pour les papilles gustatives. Les maki (maki-zushi), Futomaki, Hosomaki, Temaki, Uramaki, sont roulés dans une feuille de Nori (algue) et se préparent de différentes façons. Enfin, le mets japonais qui cause le plus de sensations dans l'opinion reste toutefois le Fugu. Mets luxueux, le Fugu ou poisson-lune est également mortel si le cuisinier l'apprête mal car certaines de ses viscères contiennent un poison sans antidote. Mais il n'est pas nécessaire de mettre sa vie en péril pour apprécier toute la délicatesse et la subtilité du savoir-faire japonais !
LA CEREMONIE DU THE
Il semble que la cérémonie du thé au Japon ait d'abord été un dada des moines bouddhistes zen. Cette cérémonie appelée Chanoyu consistait à préparer le thé vert, produit alors à partir d'une poudre verte (matcha), laquelle était fort précieuse puisqu'elle servait également à des fins curatives. Les moines faisaient de ce moment particulier une sorte de rituel qui incitait au calme et à la méditation. Ce rite aboutit finalement à la cour de l'empereur où il fut raffiné à l'excès par un Maître du thé. La cérémonie atteignit dès lors des sommets de perfection et devint une tradition incontournable au c½ur des coutumes japonaises.
Selon un ordre prescrit et rigoureux, le Maître du thé doit procéder à la préparation de la pièce destinée à recevoir les hôtes. Il purifiera à l'aide de linges de soie le service qui contiendra le thé, chauffera l'eau à une température précise, versera l'eau sur la mixture et fera naître dans chaque bol, avec un fouet de bambou, une mousse délicate à la surface du thé et présentera une part égale du breuvage à chacun des invités avec respect et humilité. L'invité devra s'acquitter de sa tâche en buvant le thé avec humilité et respect à son tour et rendre le bol dans la même position qu'on lui aura remit. Il semble même que, selon certaines écoles, l'invité doive, à la dernière gorgée, incliner la tête vers l'arrière et exécuter une sorte de plainte gutturale pour manifester son appréciation de la dégustation. Souvent, à la fin de la cérémonie, le Maître du thé présente les instruments qu'il a utilisé pour préparer le rituel et indique, par la même l'occasion, le nom des artisans qui les ont fabriqués. La cérémonie du thé se déroule normalement dans une modeste maisonnette (cha-shitu) et elle peut se prolonger de 45 minutes jusqu'à plusieurs heures.
Il est important de bien comprendre que si la cérémonie du thé varie en raison de plusieurs facteurs dans sa célébration (situation géographique du pavillon de thé, nombre d'invités, l'école de laquelle se revendique le maître de thé, etc.), son caractère spirituel, en revanche, reste immuable. Lors de la cérémonie du thé, on célèbre l'harmonie, le respect, la pureté et la tranquillité d'esprit. Une expérience mystique donc, qui vaut largement quelques sessions de massage...
LE JAPON PUISSANCE MONDIALE
Au milieu des années 1970, le Japon s'est affirmé comme puissance économique, atteignant le second rang mondial derrière les États-Unis et changeant ainsi l'ordre des alliances politiques à considérer. Le Japon s'est admirablement bien relevé de sa déconfiture conséquente à la seconde guerre mondiale. Grâce au sens de la discipline et de l'honneur de ses travailleurs, l'économie japonaise a révolutionné le monde des technologies. Prenant les devants dans plusieurs domaines tels que l'électronique, l'informatique ou le marché de l'automobile, le Japon a encouragé ses entreprises en subventionnant la recherche, ce qui lui a permis de dominer au niveau des avancées technologiques. Doté d'une main-d'½uvre instruite (90% de bacheliers) et compétente, le pays a réussi a exporter ses fabrications à travers le monde avec la garantie d'un produit nettement supérieur. Mais si le Japonais de cette génération a contribué à cet essor, en partie à cause de son esprit de sacrifice pour la collectivité, il n'en va plus de même aujourd'hui.
Le début des années 1990 a vu naître une nouvelle mentalité dans les rangs des travailleurs japonais : le goût du loisible. Or ce n'est certes pas en se tuant à l'ouvrage, comme l'on fait leurs parents, que ces nouveaux salariés vont pouvoir profiter des nombreux plaisirs de l'existence. L'économie japonaise décline donc doucement devant ces caprices de la vie à l'occidentale. Alors que pour l'instant les produits industriels correspondent à 60 % des ventes à l'extérieur du pays, le Japon doit toutefois vivre des importations de matières premières pour la presque totalité de ses ressources énergétiques. Or, quoique l'économie japonaise soit en excellente position sur les marchés financiers mondiaux, Tokyo étant le second siège financier au monde après Wall Street, sa stabilité dépend entièrement de son commerce avec ses plus féroces concurrents, notamment la Chine et les États-Unis. L'avenir du Japon est donc plus qu'incertain si l'on considère que son influence sur le reste du monde ne se joue ni sur le plan politique, ni sur le plan culturel et que la langue japonaise constitue une limite considérable à la fluidité des tractations avec le reste du monde. Et ces difficultés combinées à la mentalité de la jeunesse actuelle pourraient bien précipiter la chute de cet empire économique...
MUSIQUE JAPONAISE
La musique japonaise regroupe tous les genres de musique de la sphère japonaise, depuis la préhistoire jusqu'à nos jours. Si l'on trouve dès les premiers temps de la civilisation nippone des instruments vernaculaires, notamment au sein des communautés aborigènes aïnous, il est clair qu'une grande partie de la musique insulaire est d'inspiration chinoise. Toutefois, le Japon a su rapidement développer des styles originaux et se détacher du modèle sino-coréen.
La musique fut toujours liée aux spectacles (théâtre ou danse), aux festivités (et cérémonies) et aux chants de travail. Elle était essentiellement pratique et ne se trouva un rôle propre que tardivement. De ce fait, le répertoire de la musique tant instrumentale que vocale, est assez réduit, d'autant plus qu'une grande partie a été perdue.
Avec l'occidentalisation récente, les instruments et les genres venus d'Europe et des États-Unis font leur apparition, sans pour autant provoquer la disparition des autres.
CULTURE / TRADITION
Après plusieurs vagues successives d'immigration provenant du continent asiatique et des îles voisines du Pacifique, suivi par un apport considérable des cultures chinoise et coréenne, les habitants du Japon connurent une longue période de relatif isolement par rapport au monde extérieur (sakoku) sous le shogunat Tokugawa jusqu'à l'arrivée des « bateaux noirs » et l'ère Meiji. Ceci aura pour résultat une culture très différenciée des autres cultures asiatiques et dont l'écho résonne encore dans le Japon contemporain.
Par exemple, comme l'a démontré Ruth Benedict dans son étude classique intitulée Le sabre et le chrysanthème, le Japon a une culture fondée sur la honte plutôt que sur la culpabilité comme en Occident.
La langue japonaise a toujours joué un rôle significatif dans la culture japonaise. Nemawashi, par exemple, indique le consensus atteint grâce à une préparation minutieuse. Cela reflète l'harmonie qui est désirée et respectée dans la culture et la société japonaise.
Bien que les Japonais soient plus connus à l'étranger pour leurs arts martiaux, ils sont amateurs de blagues et d'humour. Mais comme cet humour repose fortement sur la culture, la religion, et l'éthique japonaise, il est difficilement exportable.
LANGUE
La compréhension de la langue japonaise est primordiale pour comprendre la culture japonaise. La culture traditionnelle et la culture moderne japonaise reposent toutes les deux sur la langue écrite et le langage parlé.
Le japonais est connu pour être très proche du dialecte des îles Ryukyu, formant alors la famille des langues japoniques. La théorie plus ancienne qui proposait qu'il s'agissait d'un isolat relatif à des langues défuntes est généralement rejetée par les spécialistes. Pourtant, sa classification reste controversée. La théorie la plus répandue est que les langues japoniques ne sont apparentées à aucune famille linguistique ; cependant, d'autres théories controversées l'ont rattaché à des langues éteintes de Mandchourie, de la péninsule coréenne jusqu'à la super famille des langues ouralo-altaïques (finnois, estonien, coréen), ou des langues austronésiennes du Pacifique Sud.
Même s'il n'est pas apparenté au mandarin, le japonais a emprunté beaucoup de vocabulaire à cette langue. Le système d'écriture japonais lui-même a été développé de par l'influence des moines bouddhistes chinois à partir du ive siècle.
MUSEES ET GALERIE D'ARTS
La longue histoire du Japon, dont il nous reste bien des traces, et ses importantes réalisations artistiques, sont largement détaillées et exposées dans de nombreux musées. Il est incontestable que les trouvailles archéologiques ou les chefs-d'½uvre des arts et de l'artisanat représentent de subtils microcosmes de la quintessence de l'esprit japonais qui imprègne le pays et sa population.
Il est possible que les plus beaux des musées du Japon soient ses musées nationaux, dont le premier à avoir été ouvert en 1871 est le Musée National de Tokyo, situé dans le Parc de Ueno. Sa collection, considérable, donne une vue d'ensemble de l'histoire de l'art traditionnel japonais en même temps qu'elle permet de proposer des expositions historiques et scientifiques.
Le Musée National d'Art Moderne, à Tokyo, présente une chronologie des chef-d'½uvres des beaux-arts contemporains du Japon.
Le Musée National de Kyoto a été, à l'origine, fondé autour des peintures, des sculptures et d'autres trésors provenant des temples des environs. Il contient aujourd'hui des exemples de l'art japonais de chacune des périodes de son histoire.
Le Musée National de Nara est particulièrement connu pour sa collection de sculptures bouddhistes.
Il y a à Tokyo un grand nombre de musées, privés et publics, conservant des pièces inestimables des beaux-arts traditionnels du Japon. Pour n'en nommer que quelques-uns, le Musée d'Art Goto possède, au milieu de sa collection, le splendide « Rouleau du Dit du Genji », un rouleau peint classé trésor national ; l'Institut des Beaux-Arts Nezu est consacré à une collection de pièces servant pour la cérémonie du thé et à l'art bouddhique ; la Collection Hatakeyama présente elle aussi des pièces superbes dévolues à la cérémonie du thé. Ces trois musées disposent également d'un jardin japonais, permettant aux visiteurs d'apprécier de superbes pièces dans une atmosphère agréablement relaxante. Parmi les musées qui valent également le détour, citons le Musée des Arts Idemitsu, avec une collection de calligraphies, de peintures et de céramiques venant à la fois du Japon et de Chine ; le Musée d'Art Suntory, présentant des objets d'art antique qui appartenaient au mode de vie traditionnel ; le Musée d'Art Yamatane, spécialisé dans la peinture japonaise moderne et contemporaine ; le Musée d'Artisanat du Japon, spécialisé dans les beaux objets d'artisanat, céramiques ou textiles, destinés à l'utilisation quotidienne ; et enfin le Musée d'Art Commémoratif Ukiyo-e Ota, spécialisé dans l'estampe Ukiyo-e.
Si l'on met de côté les beaux-arts traditionnels, il y a également d'autres types de musées très caractéristiques. Le Musée Edo-Tokyo présente l'histoire et les modes de vie de Tokyo grâce à des maquettes à grande échelle. Le Musée Teien de Tokyo est un bâtiment de style art déco construit en 1933 et il expose des collections variées prêtées par d'autres musées ou des collectionneurs.
Dans le domaine des beaux-arts contemporains, le Japon est récemment apparu comme communiquant au reste du monde une créativité très particulière. Les musées d'art contemporains du Japon attendent donc les visiteurs intéressés par les modes de vie, les courants de pensée ou les médias les plus avant-gardistes du pays. L'un des plus grands du Japon, le Musée d'Art Contemporain de Tokyo, présente une palette complète de chefs-d'½uvre de l'art contemporain du Japon et de l'étranger. La Galerie d'Art de Tokyo Opera City est souvent la première à lancer des expositions de nouveaux concepts de l'art contemporain. Le Musée Hara d'Art Contemporain, situé dans le quartier de Shinagawa, à Tokyo, est un élégant bâtiment de style Bauhaus qui possède une grande variété de pièces contemporaines. Dans la préfecture de Ibaraki, au nord de Tokyo, le Centre d'Art Contemporain de la Art Tower Mito est réputé pour la particularité de ses expositions présentant l'art contemporain. Deux îles de la Mer Intérieure se sont dévolues à des projets d'art contemporain. Il s'agit sur l'île de Naoshima du Benesse Art Site Naoshima et sur celle d'Inujima du Inujima Art Project.
Le Musée d'Art Tokugawa de Nagoya est spécialisé dans les costumes du théâtre No, et les épées, les armures ou d'autres reliques de samouraïs.
Le Musée d'Art Hiroshige du Tokaido est situé dans la Préfecture de Shizuoka. Sa collection, qui s'articule autour du travail de Hiroshige Utagawa, un des grands peintres d'estampes Ukiyo-e, rassemble plus de 1 200 gravures sur bois.
Comme pour les beaux-arts traditionnels de la région du Kansai, le Musée d'Art Fujita, à Osaka, est célèbre pour son importante collection de beaux-arts antiques. Notez, toutefois, qu'il n'est ouvert qu'au printemps et à l'automne. Bien connu également, le Musée Municipal de Céramiques Orientales d'Osaka possède plus particulièrement des céramiques antiques inestimables provenant de Chine ou de Corée et le Musée Municipal d'Art d'Osaka dispose d'une importante collection de pièces antiques des beaux-arts antiques de Chine et du Japon. Le Musée d'Art de la Villa Oyamazaki, à Kyoto, est une impressionnante villa exposant des chefs-d'½uvre de la céramique dans une atmosphère paisible et raffinée. Le Musée Suntory Tempozan d'Osaka, lui, organise des expositions à thème centrées sur les affiches.
ONSEN, LES SOURCES THERMALES
Destination touristique favorite des Japonais, les onsen sont des sources thermales naturelles chauffées et chargées de minéraux par leur contact avec les volcans. Il en existe environ 3 000, disséminés sur l'ensemble du territoire, aussi bien au fin fond des montagnes les plus reculées qu'au bord de mer, voire même dans la mer émergeant sous la surface de l'eau. Les bains proprement dits peuvent être à l'intérieur d'un bâtiment ou en extérieur (on parle alors de rotenburo), séparés entre hommes et femmes ou, plus rarement, mixtes (on parle alors de kon'yoku onsen), municipaux ou dans de sompteux ryokan, en pierre ou en bois, mais tous sont un voyage hors du temps d'où l'on ressort serein et régénéré.
RELIGION
La plupart des Japonais ne croient pas en une religion particulière. Nombreux sont ceux, particulièrement chez la jeune génération, à être opposés aux religions, pour des raisons historiques et en raison du développement de la science. Pendant la Seconde Guerre mondiale il fut exigé du peuple japonais de participer aux cérémonies shinto avec la limitation des activités des autres religions. Beaucoup d'autres ont une vision neutre de la religion et en pratiquent plusieurs dans leur vie. Une même personne peut aller prier au temple shinto au nouvel an pour une bonne année et avant les examens d'entrée à l'école pour implorer son succès. La même personne aura un mariage dans une église (NB: un mariage chrétien nécessite que les deux époux soient baptisés et préparés à ce sacrement, ce qui exige un réel investisement et du temps ; sinon, il s'agit d'une bénédiction et non d'un mariage) et des funérailles dans un temple bouddhiste. Un certain nombre de nouvelles religions qui se sont établies après la Seconde Guerre mondiale, ou juste avant, ont aussi une place importante au Japon.
Le Japon, qui se croyait hors de portée du fanatisme religieux, s'est reveillé douloureusement le matin de 12 mars 1995 avec l'attaque d'une station de métro de Tokyo au gaz sarin par des membres de la secte Aum Shinrikyo. Le bilan de cet attentat s'établira à 12 personnes tuées et plus de 5500 blessés. Cependant, cet acte isolé n'est pas représentatif du climat de paix qui règne entre les différentes communautés religieuses au Japon.
LE LYCEE AU JAPON
Mode d'emploi (du temps)
Lors d'un precedent article (OVNI numero 403), Florent Gorges avait retrace les grandes lignes de l'organisation du lycee au pays du Soleil levant. Mais au dela des simples differences structurelles qu'il peut y avoir avec notre pays, il nous faut egalement mettre l'accent sur une realite qui au Japon plus qu'ailleurs, faconne la conduite du lyceen et le prepare a une vie d'adulte responsable.
Si l'ecole japonaise est un apprentissage culturel, ce qui ne surprendra personne, elle est aussi un apprentissage de la vie en societe.
En premier lieu, l'ecole etant LE lieu public par excellence, l'eleve se doit de le respecter et de l'entretenir. A la fin des cours, les eleves de chaque classe sont repartis en plusieurs groupes, sous l'oeil attentif de leur professeur. Chaque groupe est en effet responsible du menage (sooji) d'une partie du lycee: qu'il s'agisse des salles de classe, des couloirs, de l'infirmerie ou des toilettes, tout doit etre nickelc sans oublier la cour, avec feuilles mortes et mauvaises herbes!
Bien entendu, un roulement dans la repartition des taches s'effectue toutes les semaines, afin d'eviter que la traditionnelle "corvee de chiottes" ne soit l'apanage que de quelques-uns! En matiere de latrines, la devise est "saboru!" litteralement "tirer au flanc". Ce systeme du sooji est a mon avis salutaire car il responsabilise les eleves qui, de ce fait, ne sont pas enclins a degrader les installations qu'ils utilisent. Les graffitis de toute natures ainsi que les chewing-gums colles sous les tables sont donc raresc douce France, prends en de la grainec
Mais imaginez un court instant la tres probable levee de boucliers des potaches francais a qui l'on oserait confier le nettoyage de leurs salles de cours: le maitre-mot serait plutot "revolution!".
Outre le civisme qu'elle enseigne, l'ecole japonaise joue un role majeur dans l'education morale des jeunes. En effet, elle pose ses regles de conduite et ne tolere aucune infraction. Ainsi, elle interdit l'acces aux Pachinko (salles de jeux), aux eleves de moins de 18 ans, le tabac et l'alcool au moins de 20 ans. Et si le Lycee parvient a se tenir au courant des faits et gestes de ses jeunes, c'est parce que ces derniers portent un uniforme qui les identifie. Cet uniforme etant different d'un etablissement a un autre; la difference est d'ailleurs plus marquee entre le public et le prive, ou l'on porte de veritables tenues de soiree!
Nombreux sont les lyceens qui interdisent aussi a leurs eleves la pratique des "arubaito" ou "petits boulots". Par ce moyen, elles souhaitent que leur temps disponible soit entierement consavre a l'etude et au sport: seul un travail soutenu et regulier ouvre les portes d'une bonne universite. De plus, il y va de la reputation du lycee d'origine.
Certains etablissements bannissent meme le port de bijoux, les cheveux permanentes ainsi que les teintures (Chappatsu), tres en vogue au Japon. La veille des vacances ou de conges scolaires, nul n'echappe aux recommandations orales, voire ecrites: quelque soit leur lieu de vacances, il est rappele aux eleves qu'a l'exterieur, ils representent leur lycee. La sobriete de la tenue vestimentaire et la discretion font donc partie des exigences de base. Un jeune qui part en voyage doit indiquer la destination et la duree au secretariat s'il veut beneficier du tarif-etudiant. En effet, les agences de voyage et les compagnies de transport ne leur proposent ces reductions que sur presentation d'une attestation dudit secretariat.
La vie en societe est donc enseignee a l'ecole, ou les professeurs font souvent figure d'assistantes sociales! Les eleves se confient a eux sans difficulte, leurs rapports ne se resumant pas seulement a un echange de savoir. Mais la medaille a son revers car cette polyvalence du lycee tend a deresponsabiliser les parents qui, parfois, s'en remettent un peu trop au lyceec
Enfin, c'est dans l'enceinte de l'ecole que se pratique la quasi-totalite des loisirs a l'exception du Karaoke et des Puri-kula, ce dernier divertissement etant, avec le Tamagotchi, le plus apprecie des lyceens japonais; les puri kula sont des photos autocollantes miniatures presentant un decor de fond amusant et que l'on obtient dans une sorte de photomaton. Les activites y sont proposees en nombre plethorique et les infrastructures sportives mises a disposition feraient palir d'envie n'importe quel proviseur francais.
Les arts-martiaux, le base-ball et son homologue feminin, le soft-ball occupent une place de premier choix. Le foot, le basket, le hand, le volley, le tennis, la natation, l'athletisme et la gymnastique, bien que moins plebiscites, jouissent tout de meme d'une certaine popularite. Les lyceens sportifs s'entrainent generalement six jours sur sept apres les cours, et parfois avant pour des raisons d'emploi du temps.
La culture et les traditions sont egalement au menu: ceremonie du the, calligraphie et Ikebana (art floral), musique classique ou moderne, dessin, photo, cinema, radioc Vous l'aurez compris, les jeunes Japonais passent le plus clair de leurs temps dans le club de leur lycee, lieu privilegie ou naissent et s'enrichissent les relations entre eleves.
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